Aphorismes II

« Il est gratifiant d’enfoncer des portes ouvertes, du moment qu’on le fait avec style. Cela prouve que même en plein néant, on garde une certaine contenance. »

« Lorsqu’on est écrivain, l’on est affligé d’un statut de bâtard: On n’est pas vraiment artiste car pas assez manuel, et on n’est pas vraiment intellectuel car ce qu’on écrit n’est pas sérieux. L’écrivain, en définitive, est un être crispé entre deux eaux, prisonnier d’un marasme névrotique dépassant de loin toutes les tortures. Il rêverait d’être artiste, mais il est incapable de créer quoi que ce soit de ses doigts, il voudrait être intellectuel, mais son cerveau ne produit que fables. Alors condamné, il griffonne. »

« Il n’y a pas pire situation  pour l’artiste ou l’écrivain que lorsque autrui demande à voir, et voit le brouillon du livre ou l’ébauche de la toile. C’est percer à jour la vraie intimité de l’artiste, ainsi que ses secrets, c’est aussi déplorable que de demander à un magicien de vous expliquer le fonctionnement de son tour avant qu’il ne vous le fasse.  Public, lecteurs, et autres foules contemplatives, vous voila prévenus: un artiste ne vous montre que ce qu’il souhaite vous montrer, et ses brouillons sont en général laids et sordides. »

« Il faut apprécier l’homme envahi par des rêves de grandeur démesurés. C’est la preuve qu’au moins quelque chose en lui n’est pas médiocre. »

Dans le même genre: Aphorismes et Aphorismes III

Comments
  1. flyv | Répondre
  2. Sylvain Métafiot | Répondre

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