Aphorismes III

Aphorismes

L’Art est comme la Politique : tout le monde a son idée sur le sujet alors que personne n’y connait rien.

Je lis peu de livres, et par petits bouts. Finalement, je préfère discuter avec leurs auteurs dans ma tête.

Les gens autour de moi sont cadres. Moi, j’aimerais bien être tableau.

Ecrire un roman, c’est agencer les couleurs que l’on a dans sa tête pour en faire un tableau.

Etre écrivain, c’est être un peintre devant inventer ses propres couleurs, ses propres pinceaux, bref tout son matériel.

Le Parisien est devenu pesant et creux, au lieu d’être léger et profond, comme tout véritable être Humain.

Nous devenons la caricature la plus misogyne de la plus superficielle des greluches : intolérables de lourdeur et insupportables de vacuité.

Les graffeurs d’hier sont les graphistes d’aujourd’hui : ils continuent à niquer l’état, hier sur un RER, aujourd’hui dans un open-space.

Les rebelles à écarteurs d’oreilles et à sarouels finissent toujours par faire de la pub pour McDonald’s. Ils suivent les codes de leur âge.

Le rap envoie aux cailleras le même message que leurs parents: crois en dieu et fais de l’argent. Quelle révolte…

Godard était attiré par le cinéma car c’était une culture qui n’était pas inculquée par les parents/l’école. Internet me fait le même effet.

Il est infernal de devoir quitter l’Eden de l’enfance, pour aller s’enfoncer dans le bidonville du salariat.

Le bonheur ne fait jamais du bon art.

L’utilité de la presse papier en 2014? Permettre de cirer ses chaussures sans salir le carrelage de sa cuisine.

Les français peuvent aimer au Japon ce qu’ils ne peuvent pas aimer en France : ordre, raffinement, tradition.

Je suis bien content de faire partie de la classe moyenne. Cela m’a permis de ne pas être culpabilisé et dégénéré comme les fils de pauvres élevés au Maquedeaux, à Booba, aux “Anges de la Télé-Réalité”, et à l’École Publique et de ne pas être culpabilisé et dégénéré comme les fils de riches élevés au Maquedeaux, à Booba, aux “Anges de la Télé-Réalité”, et à l’École Privée.

Je plante mes mots comme on plante de jolies fleurs : à grands coups de pelle.

Nous sommes des étoiles filantes, sortant du néant pour traverser une atmosphère inconnue et incompréhensible l’espace d’un instant.

Réveillon : quel sens peut avoir une fête traditionnelle lorsque je suis ivre et entouré de 40 personnes chaque week-end ?

Les fautes d’orthographe sont des fausses notes dans un tableau, des calligraphies japonaises faites au Stabilo, ça sonne criard.

Signe de décadence d’une société : considérer la folie comme la norme. Voir la surreprésentation des sociopathes et des maniaco-dépressifs dans les mondes de l’entreprise et de la politique.

Jusqu’aux Lumières, nous étions dans l’Âge Hystérique : on communie, on brûle des sorcières, on saigne des mains pour Jésus. La période Moderne est quant à elle marquée par l’Âge Obsessionnel : industrie, rationalité, scientificité, doute, hygiène, Taylorisme, routines. La période post-moderne est l’Âge de la Psychose : société de l’image, perte de Sens, absence d’empathie, irrationalité du monde du travail.

Pour toucher les épais comme les sensibles, le parcours d’un écrivain doit être subtil et tonitruant. Défoncer une porte en chuchotant.

Quand « victime » et « fragile » deviennent des insultes, c’est que « bourreau », « lourd » et « epais » sont devenus des compliments…

Le sang, le sperme et l’alcool sont de même nature : des liquides portant la vie et la mort.

Partout règnent les relations de maîtres et d’esclaves, et il n’y pas de place pour celui qui ne veut ni de l’un ni de l’autre.

Le libre arbitre ? On vit dans un espace-temps où, pour l’instant, on ne peut même pas vraiment choisir sa coupe de cheveux…

Dans le même genre : Aphorismes  & Aphorismes II …

Comments
  1. Cleptocat | Répondre
    • hazukashi | Répondre
  2. Sylvain Métafiot | Répondre

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