Introduction sommaire.

Je n’arrive pas à écrire.

Les mots naissent sous mes doigts, froidement retranscrits par le clavier de mon ordinateur. Mais ils n’ont aucun sens. Aucune force. Tout ce poids, toute cette énergie, toute cette passion qui me mine et me consume, je n’arrive pas à l’exprimer. J’ai beau avoir des crises d’angoisse, des prises de conscience, des fulgurances, qui peuvent surgir sur mon balcon comme dans le métro, à 4h du matin comme au beau milieu de l’après midi, je n’arrive pas à les capturer ni à en retrouver l’essence. Elles sont trop fugaces, ces fulgurances. Écrire, c’est tenter de rationaliser l’irrationnel. L’écriture n’est pas un art, on ne peut sublimer aucune souffrance avec ça. Avec la peinture ou la musique, on peut essayer au moins, c’est plus passionnel, on ne met pas de mots sur ce que l’on ressent. Malheureusement, je suis un médiocre musicien, et un abominable dessinateur, je me retrouve donc à poursuivre une quête désespérée : tenter de nommer l’innommable. « L’inexprimable n’existe pas », a dit Théophile Gautier. Il avait bien de la chance.

Il y a en moi une violence. Une haine, un dégoût des autres et par conséquent de moi-même, une inadéquation entre mon idéal chevaleresque d’humanité, et la sordide réalité. Tout porte à croire que ce n’est qu’une tentative adolescente de fuir la moyenne destinée qui me pend au nez. Je n’ai sans doute rien à dire, rien à écrire, juste une petite névrose obsessionnelle qu’un psy pourrait résoudre moyennant facturation. Peut être que je ne colle pas à l’idéal romantique dont j’essaie avec désespoir de revêtir la peau, bien trop grande pour moi. Je ne serais finalement qu’un Don Quichotte de l’existence, essayant vainement de fuir un monde gouverné par l’argent, la futilité, et cet esprit terre à terre alors même que je pourrais tout à fait y réussir et m’en satisfaire. M’y épanouir peut être pas. Je suis un être vindicatif. C’est par ailleurs un des miracles de notre système que d’avoir réussi à produire des êtres non seulement odieusement terre à terre et dénués de toute spiritualité mais aussi extrêmement superficiels, futiles et impatients…

Si intérêt il y a dans ce blog, mis à part ma volonté toute égoïste de soigner mes angoisses scripturales, il prendra la forme d’une analyse anecdotique ou théorique, souvent vécue, parfois inventée, de cette nouvelle génération d’êtres humaines occidentaux, de cette nouvelle société émergente, et de ce décalage entre ce que je vois moi, et ce que l’on me dit être.

Comments
  1. Gary Dagorn | Répondre
  2. Bimbo | Répondre

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