La nuit

Paris nuit

Encore une fois, je tourne en rond dans ma chambre, déclamant tout haut, tout seul et tout nu les ruminations qui s’insinuent perpétuellement dans les méandres de mon cerveau. Je fais les cent pas, et je dialogue, je monologue, je pérore. Ne me jugez pas, vous savez, Victor Hugo à dit que parler tout seul, c’est dialoguer avec le Dieu que l’on a à l’intérieur de soi. Le mien est plutôt bavard.

Encore une fois, je risque de finir la soirée avec une bouteille de bourbon, à entamer des danses tribales en mode ninja avec en fond sonore une playlist Black Metal/Sefyu/Chants du Reich/Lady Gaga.

Encore une fois, j’aurais l’air d’un mec sous coke, d’un mec possédé par les esprits démoniaques de G.G. Allin et de Vincent Mc Doom.

Encore une fois, ma vie prendra tout son sens, quelque part entre 3 et 4 heures du matin. C’est souvent au fin fond de la nuit, lorsque les repères imposés par le rythme diurne de la vie en société commencent à s’effacer, que l’existence devient véritablement palpable. Et l’on finit parfois par avoir une fulgurance, un éclair déchire le voile que l’on a devant les yeux, et l’on vit. On se met à exister dans le réel, et non plus à coté, écrasé par tout un système de symboles et de représentations, de devoirs et d’obligations.

La nuit possède en effet une particularité : à partir de minuit, et jusqu’à l’aube, le temps et l’espace vont se retrouver stoppés, ou du moins considérablement rétrécis. Cet effet est encore plus fort lorsque l’on reste dans la pièce pendant tout ce temps, blotti, dans la chaleur de son salon ou de sa chambre. La fatigue, l’obscurité, l’alcool parfois, vous rendent hagard, vous mettent en transe. C’est souvent dans cet état que l’on tombe sur les plus obscurs et géniaux films/documentaires à la télé, que l’on tape ses meilleurs solos de gratte, et que l’on vit ses meilleurs instants jeux vidéos (Là encore, on pourrait disserter sur la situation mentale du mec qui vient de détruire son 14 957ème démon sur Diablo, en slip, éclairé uniquement par son écran d’ordinateur).

La nuit nous renvoie à nos instincts païens, à une époque où obscurité signifie interdit, danger, ténèbres, Diable.

Tout ça pour dire qu’il est 4 heures du matin, et que je me lève donc dans 3 heures.

Comments
  1. Simak | Répondre
    • hazukashi | Répondre
      • Irena Adler |
      • hazukashi |
      • Irena Adler |
      • hazukashi |
      • Irena Adler |
  2. R.A | Répondre
  3. C. | Répondre
  4. lacenaire | Répondre

Laisser un commentaire