Poèmes II

Poèmes

C’est un moment très particulier que celui où l’on s’endort.
On tremble un peu, on sombre, c’est presque comme la mort.
On émerge finalement, comme si l’on avait longuement voyagé
Difficile de faire le tri entre rêve et réalité…

Le réveil sera par contre à la fois mou et nerveux
On sentira son corps pâteux et endormi
On abandonnera des royaumes engloutis
Et des mondes, des océans et des Cieux.

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Rongé par l’angoisse et la frustration
Je perds ma place parmi la meute
et sombre dans la procrastination.
Il faut que je voie mon thérapeute.

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Une aube grise se lève sur Paris
Les oiseaux font un peu de bruit.
Ce dimanche semble bien parti,
Je m’endors, après avoir vomi.

Il est cinq heures de l’après-midi
Et j’émerge de mon coma.
Je m’extirpe de mon taudis,
La vile entière me tend les bras.

Une fine pluie de dimanche d’été
Tombe sur Paris et mon visage.
Je respire l’air sale et pollué
Je fais un peu plus que mon âge.

Ce climat lourd et détendu
Me laisse pensif et confiant
Je peux perdre un peu mon temps
Lundi, ça sera défendu.

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Lorsque je suis en Europe, je déteste les autres continents.
Lorsque je suis en France, je déteste le reste de l’Europe.
Lorsque je suis en Normandie, je déteste le reste de la France.
Lorsque je suis dans mon village, je déteste le reste de la Normandie.
Lorsque je suis dans ma maison, je déteste le reste de mon village.
Lorsque je suis dans ma chambre, je déteste le reste de ma maison.
Lorsque je suis au fond de mon lit, je déteste le reste de ma chambre.
Et lorsque je me regarde dans la glace, je me déteste moi-même.

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Ce monde est bien triste et brumeux
En plein chaos, je reste silencieux
Les êtres s’étouffent et gesticulent
Ils ne sont rien de plus que des particules

Sans valeurs, sans repères, sans rien,
Ils se débattent dan un réel
Poisseux et cyclopéen
Ils ne voient guère plus que leurs APL

Consommant leur existence
Ils papillonnent vers de nouvelles jouissances,
Et tous ces agissements
N’ont strictement aucun sens.

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Parfois, je plonge dans le métro
Comme on se jette dans un abysse.
C’est très pollué, il fait très chaud,
Ça sent la sueur et la pisse.

Les odeurs lourdes, l’éclairage blanchâtre
N’embellissent pas les passagers
Et font luire leurs peaux d’albâtre
Comme des cosmétiques de basse qualité

Un vieux bafouille, un enfant crie.
J’attends en vain le mot « sortie ».
Dans les couloirs, pourtant, je prie
Pour ne pas être accueilli par la pluie.

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Une belle vie ou un long hurlement
Il faut faire face au changement,
S’adapter comme l’on peut
Si l’on veut plaire aux Cieux.

Il y a des chances pour que l’on souffre,
Pour que l’on plonge au fond du gouffre
Mais après tout, quitte à crever,
Autant l’avoir bien mérité.

C’est le Sens Tragique de la Vie,
Qui délivre de bien des angoisses,
Lorsque l’on a enfin compris
Qu’au fond, tout est ordure et poisse.

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Une fin d’après-midi d’été
Dans un jardin ensoleillé.
Pas un bruit dans l’atmosphère,
Mon âme nimbée de lumière

S’éclaircit, comme ma chevelure.

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Dans mon ventre sommeille une bête
Terrible, à queue de scorpion.
Parfois elle ouvre un oeil, elle guette
Le moment où je serais ivre, dans un salon.

Elle me pique alors, et j’explose,
Je me transforme en monstre, en assassin,
J’arrose alors mon entourage de ma prose,
Infâme ramassis de haine et de venin.

Je suis comme possédé et j’assiste pantois
Au fur et à mesure que s’abîme mon foie
A ma déchéance et mon humiliation,
Artisan créateur de ma propre destruction.

Un jour peut-être, je pourrais la raisonner,
Elle deviendrait ma plus fidèle alliée,
Et je pourrais puiser dans son énergie noire
Sa rage inextinguible, pour ma plus grande gloire.

Pour plus de rimes désabusées et un peu pataudes, consultez mes autres poèmes.

Comments
  1. Nicolas | Répondre
    • hazukashi | Répondre
  2. J.R. | Répondre

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